Par Mélanie Camirand

Alors que je m’étire le cou pour voir où il en est, voici que fiston est en dessous de la table et me dit qu’il ne sait pas trop comment il a atterri là. De plus, je le surprends souvent à rêvasser en regardant par la fenêtre, attiré par le beau temps. Ça, c’est sans compter toutes les fois où il se perd dans la salle de bain en allant aux toilettes ou tous ces moments où il cherche à écourter son temps d’école de toutes les manières possibles. Ça vous semble familier?

Au mois de mai, la motivation n’est plus au rendez-vous. Mais soyons honnêtes, c’est la même chose pour nous. On est las, comme un marathonien qui frappe un mur au 30e kilomètre, alors que la course achève. On rêve déjà d’été, de soleil et de vacances.  Comme le coureur, nous ne devons pas abandonner; nous avons presque atteint le fil d’arrivée!

Il est possible d’éviter – ou du moins d’atténuer – cette situation au fil des années scolaires. D’abord, il est bon de connaître les temps les plus productifs de l’année et d’essayer de se planifier en conséquence. Par expérience, je dirais que les mois les plus efficaces de l’année sont à l’automne, d’août à novembre.  Il n’y a guère à espérer de décembre, car la frénésie de Noël et des premières neiges s’empare alors de nos enfants. Puis on retrouve un petit regain en janvier-février… jusqu’à ce qu’un besoin de pause bien méritée se fasse sentir autour du début mars. Les mois de mars et avril sont quant à eux moyens, mais plus la fin de l’année va approcher, plus l’attention et la motivation tendront à décliner. On m’a informée de ce phénomène dans mes premières années d’école-maison et cela m’a beaucoup servie. En sachant ces choses, il est possible de se planifier dès le début de l’année afin de mettre l’emphase sur les matières les plus ardues dans les premiers mois et de favoriser davantage les matières les plus amusantes vers la fin.  

Mais arrivés en mai, que peut-on faire si on ne s’est pas planifiés en conséquence ou si le retard qu’on a pris ne nous le permet pas? Tout en faisant de notre mieux, il faut d’abord lâcher prise sur ce qui ne s’accomplit pas. C’est vital pour conserver un bon climat familial.  Si nous sommes tendus ou stressés par les échéanciers, nos enfants vont le sentir et ça risque fort d’être contre-productif. Je suggère ensuite de permettre à votre enfant de commencer chaque journée par de l’exercice physique. Jouer 30 minutes dehors le matin (et durant ses pauses) donne à mon fils un certain contentement et diminue le risque qu’il ne pense qu’à ça toute la journée. C’est sans compter que les efforts physiques et l’air pur sont bons pour la concentration. D’ailleurs, pour favoriser une meilleure attention, j’évite de lui donner toute nourriture sucrée au déjeuner et je favorise les protéines et les bons gras qui nourrissent le cerveau. Même si les jours allongent et que la tentation de veiller plus tard est grande, un temps de sommeil adéquat est nécessaire à la bonne efficacité du lendemain.  Et finalement, si on veut garder leur focus, il devient essentiel de prendre des pauses et d’alterner les matières plus souvent.

En terminant, il faut se rappeler que l’éducation est un long processus auquel nous devons faire confiance. Ce qui n’a pu être fait aujourd’hui peut s’accomplir un autre jour. Dans cette belle aventure, tout ne repose pas sur nos épaules. Même dans les périodes qui nous semblent les moins productives, nos enfants continuent toujours d’apprendre. C’est fascinant de constater que nos enfants apprennent bien au-delà de ce qu’on peut leur enseigner. En cette période où on se sent à bout de souffle, tout en continuant nos beaux efforts, surtout n’oublions pas de préserver le bonheur d’apprendre dans nos foyers!