Trois raisons non-académiques pour
garder nos enfants à la maison

Par Jean jr. Landry


L’automne dernier, la première partie de cette série abordait la question du bonheur de l’enfant et rappelait que ce bonheur est avant tout relationnel. Aujourd’hui, nous prenons un moment pour réfléchir à la dimension spirituelle de l’enfant.

La HSLDA regroupe des membres de différentes confessions religieuses ainsi que des membres qui ne se rallient à aucune foi en particulier. Nous désirons donc aborder la spiritualité de l’enfant dans un sens très large afin que chacun puisse s’y reconnaître et puisse adapter les concepts abordés ici à ses propres convictions.


L’importance fondamentale de la spiritualité

Au cours des dernières décennies, l’occident a été profondément marqué par une vision naturaliste de l’existence, où tout peut s’expliquer par des causes naturelles : pas de transcendance ni d’âme. Que de la matière. Cette position philosophique a eu évidemment un impact radical sur toutes les sphères de la science, y compris celles de la sociologie, de la psychologie et de l’éducation. Notre société a placé beaucoup d’espoir dans ce nouveau paradigme et a cru que l’homme, une fois débarrassé de toute croyance en une dimensions spirituelle de la vie humaine, allait enfin pouvoir s’épanouir et atteindre son plein potentiel. Or, c’est plutôt le résultat inverse que nous observons. La jeunesse est marquée par un taux de suicide accablant, par diverses dépendances et troubles psychologiques, par une difficulté grandissante à entrer sainement en relation les uns avec les autres.

Bien sûr, ce qui précède peut s’expliquer par plusieurs facteurs. Mais il ne fait aucun doute que le fait d’évacuer la dimension spirituelle de l’homme pèse beaucoup dans la balance. À toute époque et en tout lieu, le sentiment religieux a toujours fait partie intégrante de la société humaine. Et même les pays qui ont tenté au cours de l’histoire d’éteindre ce sentiment par la force de la législation se sont toujours trouvés tôt ou tard confrontés à une résurgence de la foi sous une forme ou une autre. L’homme est donc obstinément assoiffé de transcendance. Il a un besoin viscéral de se trouver dans un monde qui n’est pas seulement le fruit d’un accident cosmique mais qui a un sens profond, une signification surnaturelle, une dimension morale et une destinée. L’insistance de l’occident à séculariser la place publique et les écoles contrarie donc ce besoin humain. Bien sûr, nos écoles ont des cours tels que “Éthique et culture religieuse” mais ces cours présentent le divin comme un phénomène anthropologique et non comme une réalité vivante qui est susceptible de transformer la vie de l’enfant et de donner une direction excitante à sa vie entière.


L’école-maison et la transmission de la foi

Alors que les jeunes de notre monde moderne essaient tant bien que mal de s’orienter dans un monde qui dissout systématiquement tous les repères du passé, l’école-maison offre à nos enfants l’espace et le temps pour méditer au sens profond de l’existence. Loin du vacarme naturaliste et relativiste dans lequel baignent les établissements scolaires, nos enfants peuvent explorer la dimension spirituelle du monde, laquelle servira de fondement à leur vie présente et future. En effet, cette dimension n’est pas qu’une matière parmi d’autres mais un élément critique de leur éducation qui formera leur personnalité, leur caractère, leur moralité, leurs relations et leurs choix futurs. L’école-maison permet de ne pas réduire l’enfant à un cerveau que nous devons gaver d’informations. Elle permet de reconnaître l’enfant dans toute sa complexité, tant physique que émotionnelle et spirituelle, et de répondre adéquatement à tous ses besoins.

Un bon bagage académique est certainement un atout pour réussir dans la vie. Mais l’enfant a besoin également besoin d’une vision du monde qui conférera une valeur sacrée à ce qu’il est et ce qu’il fait, à ce qui lui arrive d’heureux ou de malheureux. Nous pouvons évidemment le laisser à lui-même et le laisser construire sa propre vision du monde. Mais cette vision subjective et précaire ne pourra le soutenir dans les moments plus difficiles. Elle se dérobera sous ses pieds lorsque viendra les épreuves, les échecs et les deuils. Elle vacillera lorsqu’il sera confronté à des dilemmes éthiques ou moraux. C’est pourquoi nous avons, comme parent, la responsabilité de nourrir l’enfant spirituellement afin de le préparer adéquatement à sa vie adulte. Et l’école-maison est la voie royale pour y arriver.

 

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