Trois raisons non-académiques pour garder nos enfants à la maison (Partie 1 de 3)

Par Jean jr. Landry

Lorsqu’il est question d’évaluer le bien-fondé de l’école-maison, notre premier réflexe est souvent de vouloir comparer les résultats scolaires de nos enfants avec ceux des enfants qui fréquentent l’école. Et l’exercice est légitime en soi puisque, après tout, l’école est faite pour acquérir des connaissances. La bonne nouvelle est que les études menées à ce sujet confirment que les enfants instruits à la maison performent aussi bien et même souvent mieux que ceux qui sont instruits dans le réseau scolaire. Mais arrêter l’analyse à cet aspect de la scolarisation serait réducteur, tant pour l’enfant lui-même que pour l’éducation en général. Car l’enfant – et l’être humain en général – est beaucoup plus qu’un intellect. Il est un être multidimensionnel et ce n’est qu’en reconnaissant pleinement ce fait que nous pouvons apprécier toute la beauté de l’école-maison.

La recherche du bonheur

Même si le droit à la recherche du bonheur semble aller de soi, ce droit ne semble pas peser lourd dans les débats entourant l’éducation. Pourtant, avant même de parler de résultats académiques et de réussite professionnelle, le bonheur de l’enfant devrait être au centre de nos discussions. Or, de quoi dépend au juste le bonheur de nos enfants?

Essentiellement, le bonheur est relationnel. Plus l’univers relationnel de l’enfant est riche et sain, plus l’enfant sera heureux. Et l’inverse est également vrai. Nous savons que règle générale, les gens ne font pas la file devant le bureau du psychiatre parce qu’ils n’ont pas un salaire suffisant ou qu’ils n’arrivent pas à obtenir la voiture de leurs rêves. La majorité des souffrances morales de l’être humain sont plutôt d’ordre relationnel et c’est pourquoi il est essentiel de débuter à ce niveau. Et c’est justement à ce niveau que l’école-maison a le potentiel d’offrir à l’enfant le maximum de bonheur relationnel. Je parle ici de “potentiel” car il ne s’agit pas d’un automatisme : l’école-maison ne pourra en effet favoriser le bonheur si le foyer familial est aussi dysfonctionnel – ou même plus – que le système scolaire duquel on le tient à l’écart. Mais si l’enfant a l’opportunité d’être instruit au sein d’une famille qui l’aime et le nourrit affectivement, il est l’enfant le plus privilégié de la terre.

Ce qui précède devrait faire l’unanimité mais malheureusement, de nombreux courants idéologiques et politiques vont dans le sens opposé. Alors qu’historiquement, la famille a toujours été reconnue comme le lieu d’excellence pour l’épanouissement de l’enfant, l’Occident considère de plus en plus l’environnement familial avec suspicion. Les parents sont dépeints comme étant inaptes à préparer leurs enfants à la vie adulte et une cellule familiale forte est de plus en plus perçue comme un système oppressif, particulièrement si les parents entretiennent des idées conservatrices. On clame la nécessité pour l’enfant de voler de ses propres ailes, de couper les liens qui le retiennent au nid familial. On parle des vicissitudes de l’adolescence et du fossé des générations afin d’expliquer pourquoi les parents sont déconnectés de la réalité de leur progéniture et ne peuvent ni les comprendre ni assurer pleinement leur épanouissement.  L’État insiste donc pour que l’enfant lui soit confié à un tout jeune âge. La CAQ a promis la prématernelle à partir de 4 ans, un âge que plusieurs pays ont déjà adopté pour séparer l’enfant de ses parents alors qu’il est dans les années les plus cruciales et formatives de son développement. Les parents qui font l’école-maison savent toutefois que la famille est le lieu par excellence pour l’épanouissement de leurs enfants. Ils le savent parce qu’ils l’expérimentent au quotidien. Et l’expérience concrète parle beaucoup mieux que tous les grands discours.

L’école-maison permet à l’enfant d’être nourri affectivement au quotidien par des parents qui l’aiment de façon inconditionnelle. Ça ne signifie pas que le ciel est toujours bleu et que les arcs-en-ciel jaillissent de partout. Il y a parfois – ou peut-être souvent – des prises de becs et des moments difficiles. Mais malgré tout, l’enfant est accompagné et aimé sans arrêt. Il est l’objet d’un amour qu’il ne trouvera jamais dans les salles de classe ou auprès de ses camarades : l’amour sacrificiel d’un père et d’une mère, avec lequel rien ne peut rivaliser. Si le bonheur de l’enfant est d’abord relationnel, la société entière devrait conspirer pour que la famille soit priorisée et protégée. Et l’école-maison devrait être considérée comme la voie royale de l’éducation. Car il n’y a pas de relations plus significatives que celle qui lie l’enfant à son parent et à ses frères et soeurs. Il n’y a pas de relations plus susceptibles de lui donner la solidité, l’assurance et la maturité nécessaires pour devenir un citoyen parfaitement intégré à sa collectivité.

 

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