Le triomphe d’une famille sur le TDAH et la dysgraphie

Par Louise Frazer


Les troubles d’apprentissage représentent un défi, tant pour le parent éducateur que pour l’enfant, et peuvent devenir source de découragement. Tandis qu’elles luttent avec ces

difficultés, certaines familles se mettent à peser le pour et le contre de l’école-maison et à se demander si ça fonctionne vraiment. Lorsqu’une matière de base comme l’écriture est

extrêmement ardue, les doutes sont accrus et il peut être tentant de paniquer. Si votre enfant a de la difficulté à écrire, prenez courage en lisant l’histoire du rude combat qu’une famille a livré contre le TDAH et un trouble de l’écriture tout en faisant l’école à la maison de la maternelle au secondaire.


TDAH : Toujours en mouvement

Suzanne* se souvient à quel point son fils Jérémie* ne pouvait jamais rester en place, que

ce soit pendant les repas ou lors des visites chez le dentiste. « C’est ce besoin constant de gigoter, explique-t-elle, qui a fait pencher la balance pour l’école-maison. Je ne pouvais tout simplement pas l’imaginer rester assis toute la journée dans une salle de classe ». À la maison, Jérémie pouvait au moins prendre de nombreuses pauses. Au début, il travaillait par périodes de 15 minutes séparées par des pauses pour jouer ou faire de l’exercice.  

Bien que Suzanne ait trouvé relativement facile de s’adapter au besoin qu’avait son enfant de toujours être en mouvement, elle s’est rapidement rendue compte que l’écriture représentait une difficulté monumentale qui avait une incidence sur tout le reste. Jérémie devenait très émotif pendant les mathématiques si elle insistait pour qu’il écrive les étapes sur une feuille. Toute tâche d’écriture, aussi petite soit-elle, était extrêmement difficile. « Les lignes ne semblaient pas exister, se souvient sa mère. Les lettres minuscules et majuscules se mélangeaient et l’orthographe était un cauchemar. » Et on ne parle ici que des travaux de copie.


De l’aide par l’évaluation d’ordre scolaire et la neuropsychologie

Lorsque Jérémie avait 10 ans, Suzanne a dû se rendre à l’évidence : son fils n’était pas en

mesure d’écrire même les mots les plus simples. C’est à contrecœur qu’elle a commencé à faire des recherches sur le sujet des troubles d’apprentissage, ce qui a finalement permis au duo de s’engager sur la voie du succès. Jérémie a subi une évaluation pédagogique effectuée par une enseignante spécialisée qui a fait plusieurs suggestions pratiques pour le curriculum de l’école à la maison et le traitement de ce trouble fonctionnel. Même si ses suggestions  ̶ telles que de lui montrer à utiliser un clavier ̶ , ont été précieuses, Suzanne a néanmoins ressenti le besoin de pousser ses recherches plus loin afin de mieux comprendre les difficultés de son fils.

Le besoin d’obtenir des réponses les a menés chez un neuropsychologue spécialisé dans les troubles d’apprentissage. Après avoir obtenu un diagnostic officiel, Suzanne a pu comprendre que les difficultés d’écriture de son fils s’appelaient la dysgraphie, un problème semblable à la dyslexie, mais qui touche l’écriture à la main plutôt que la lecture. Selon la Learning Disabilities Association of America, certains des signes de dysgraphie sont :

Une écriture à la main illisible;
Des lettres et des mots incomplets ou des mots manquants;
Un espacement irrégulier entre les mots et les lettres;
Des plaintes de main douloureuse;
Une grande difficulté à penser et à écrire en même temps.


Le lent chemin vers le succès

Malgré les suggestions pratiques, les thérapies et le curriculum conçu pour les troubles

d’apprentissage, la progression était lente et Suzanne admet avoir eu souvent l’impression de faire deux pas en avant et un pas en arrière. Mais avec du temps et de la persévérance, Jérémie s’est mis à écrire de belles phrases et finalement des paragraphes entiers. Utiliser un clavier et un ordinateur l’a grandement aidé, lui permettant de surmonter les difficultés de la dysgraphie, telles que la formation des lettres, l’orthographe et les crampes aux mains. Il a aussi appris à redoubler de concentration afin de combattre son TDAH, accomplissant ainsi son travail dans un court laps de temps. Puisque demeurer assis était toujours aussi pénible pour Jérémie, il a découvert qu’il pouvait compenser en utilisant cette technique afin de compléter ses travaux le plus rapidement possible. Cette méthode a aidé Jérémie à se concentrer et il l’a appliquée plus tard à tout ce qu’il faisait, des devoirs aux examens. Leur persévérance a porté fruit et malgré le fait que Jérémie a eu besoin d’une année de plus pour compléter ses études secondaires, il a terminé en beauté : dans plusieurs matières, sa moyenne se situait au-dessus de 80.

Jérémie a débuté ses études collégiales l’automne dernier dans le domaine de l’hôtellerie. Il prend même des notes et effectue ses examens à la main, même s’il pourrait demander des accommodations s’il en ressentait le besoin. Il dit que les autres élèves le taquinent au sujet de son écriture en pattes de mouche, mais il le prend en riant. Après tout, il excelle dans son programme, se situe parmi les meilleurs élèves de la classe et aime chaque moment passé au collège.

Avec du recul, comment ce diplômé de l’école-maison voit-il l’éducation qu’il a reçu de sa mère? Récemment, il lui a dit: « C’est une bonne chose que j’aie fait l’école-maison parce que je n’aurais jamais pu rester assis tranquille en classe lorsque j’étais petit! En fait, je ne crois même pas que j’aurais terminé l’école secondaire si je n’avais pas été  scolarisé à la maison.» Peut-il y avoir une meilleure marque de reconnaissance pour une maman qui fait l’école-maison?

* Les noms ont été changés afin de protéger l’anonymat des personnes citées

 

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