Par Jean jr. Landry

Dans notre article précédent, nous avons abordé certaines objections en lien avec la compétence des parents pour enseigner. Or, certains propos de ce texte ont préoccupé certains membres et il nous a donc paru important de rassurer ces derniers en apportant quelques précisions.

Premièrement, l’article affirme qu’il existe “des parents qui ont des troubles d’apprentissage ou un quotient intellectuel qui ne leur permettent pas d’enseigner à leurs enfants.” À ce propos, trois choses sont à noter:

1- En soi, des troubles d’apprentissage ou un quotient intellectuel plus bas que la moyenne n’empêchent pas un parent de faire l’école-maison. Au contraire! Comme l’a souligné avec justesse une de nos membres, de tels parents ont souvent des enfants avec les mêmes difficultés et sont donc même encore PLUS aptes à comprendre et à éduquer ces derniers, puisqu’ils ont dû eux-mêmes surmonter des obstacles semblables.

2- Les limitations au niveau de la capacité d’apprentissage et du quotient intellectuel s’étendent sur un spectre très large. L’article n’affirme donc en aucun temps que tous les parents ayant de telles limitations sont inaptes à enseigner. Loin de là! L’idée est plutôt d’admettre qu’en-deça d’un certain seuil, il se pourrait qu’un parent ne soit pas en mesure d’enseigner adéquatement. Un lourd handicap intellectuel, par exemple, pourrait en effet compromettre la qualité de l’éducation prodiguée. Il s’agit d’un cas de figure hypothétique mais néanmoins plausible et raisonnable. Cela étant dit, les parents présentant des troubles d’apprentissage ou des lacunes intellectuelles ne doivent pas pour autant se laisser intimider car dans presque tous les cas, de tels obstacles peuvent être surmontés et mener à une expérience éducative exceptionnelle, tant pour le parent que pour l’enfant.

3- L’idée derrière cette série d’article est de répondre aux questions et objections qu’une personne pourrait avoir face à l’école-maison. Conscient des réserves qu’expriment souvent les détracteurs de ce mouvement, l’auteur essaie de prendre une position pondérée et de ne pas présenter l’école-maison comme une solution toute désignée pour TOUTES les familles et en TOUTES circonstances. Il y a en effet plusieurs facteurs qui doivent être pris en considération pour tout parent qui songe à enseigner à ses enfants.

Ensuite, l’article rappelle que “partout au Canada, la législation entourant l’école-maison prévoit un minimum de surveillance de la part de l’État, afin de s’assurer que l’enfant n’est pas négligé sur le plan éducatif”.

Encore une fois, l’idée derrière ce rappel était de calmer les craintes que pourrait manifester un détracteur de l’école-maison. Les parents qui font réellement l’école-maison ont pour objectif de produire des citoyens cultivés et productifs qui s’intègrent bien à la société, contrairement à l’opinion erronée de certains qui y voient un mouvement sectaire. Et la législation canadienne a justement été élaborée de façon à éviter tout dérapage dans le domaine. Cette réalité législative est positive car aucun d’entre nous ne désire voir de réels cas d’abus et de négligence être ignorés par les autorités. S’il n’existait aucune loi encadrant l’éducation au Canada, les autorités auraient les poings complètement liés devant les cas de négligence et de nombreux enfants seraient hypothéqués à vie par un tel vide juridique.

Cela étant dit, la position de la HSLDA n’a pas changé en ce qui concerne le rôle de l’État face à l’école-maison: moins l’État intervient, mieux l’école-maison se porte! Les parents éducateurs n’ont pas besoin d’être patronnés ou contrôlés par l’État puisqu’ils ont un désir intrinsèque de voir leurs enfants réussir. Et les études portant sur le sujet démontrent qu’ils relèvent le défi de l’éducation avec brio, avec ou sans intervention de l’État. En ce sens, l’article aurait plutôt dû parler de “vigilance” de l’état plutôt que de surveillance. Nous souhaitons en effet que l’État soit vigilant face aux cas d’abus et de négligence, mais nous ne voulons pas pour autant qu’il s’ingère dans nos vies.

En résumé, force est d’admettre que l’article en question manquait de nuances et qu’il portait à confusion. L’auteur de cette série, en plus de son travail à plein temps et de son rôle de parent éducateur, consacre beaucoup de temps à rédiger et traduire pour la HSLDA. Et de toute évidence, dans son enthousiasme à répondre aux détracteurs de l’école-maison, il a mal mesuré certains de ses propos et a communiqué un message qui n’était représentatif ni de ses propres positions, ni de celles de la HSLDA. Peut-être est-ce dû au fait qu’il est lui-même atteint d’un trouble important de déficit d’attention!

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