Par Jean jr. Landry

Nous livrons aujourd’hui notre défense face à deux objections fréquentes liées à la protection de nos enfants.

Objection 1: Garder les enfants à la maison pour les protéger n’est-il pas le fruit d’une crainte irrationnelle du monde extérieur?

Une crainte n’est irrationnelle que si elle ne correspond à aucun danger réel. Or, l’école comporte bel et bien des risques et il est donc normal pour un parent de faire preuve de prudence. À titre d’exemple, voyons trois dangers mentionnés dans l’article précédent:

L’intimidation et la violence: La grande majorité des enseignants estiment eux-mêmes que l’intimidation et la violence sont de graves problèmes dans les écoles publiques. Dans un document* publié en 2014 par la Chaire de recherche sur la sécurité et la violence en milieu éducatif, les statistiques indiquent qu’une grande proportion des élèves subissent à répétition différents types de violence:

Insultes (16,5%)
Bousculades intentionnelles (5,9%)
Tentatives de mise à l’écart du groupe (3,7%)
Coups (3%)
Messages humiliants et fausses rumeurs sur Internet (2,3%)

Lorsque les élèves sont interrogés à propos de l’occurrence de ces phénomènes sur l’ensemble de l’année scolaire, les chiffres prennent une ampleur pour le moins préoccupante: 8,7% des élèves du secondaire affirment avoir été frappés quelques fois par un camarade classe au cours de l’année, alors que la proportion s’élève à 23,8% au primaire.

À ce problème s’ajoute l’impuissance vécue par plusieurs enseignants, particulièrement dans les cas de bagarres entre élèves. Dans une lettre ouverte publiée il y a quelques années dans le Soleil, un professeur expliquait qu’en plus des risques inhérents à toute intervention directe dans un cas de violence, les professeurs s’exposent également à de sérieuses représailles, autant de la part des élèves que de leurs parents. Certains risquent même une suspension sans solde ou des démêlés avec la justice s’ils interviennent dans une bagarre et que les choses tournent mal. Dans un tel contexte, on comprend que l’enfant sera bien souvent laissé à lui-même face à la violence qu’il subit.

L’hypersexualisation et la sexualité précoce: Dans une société où la sexualité est promue de façon agressive et où les médias repoussent sans cesse les limites de la décence, le parent qui ne désire pas voir son enfant happé par cette dérive culturelle doit faire preuve d’une immense vigilance. Or, envoyer son enfant à l’école risque de contrer une grande partie de ses efforts en ce sens. Même si l’enfant est sensibilisé à la maison sur l’importance de se respecter soi-même et de ne pas trouver sa valeur personnelle dans son sex appeal, l’opinion des pairs exercera une pression considérable sur lui afin qu’il se conforme aux standards du groupe. L’enfant sera alors partagé entre les attentes de ses parents et son désir naturel d’être accepté et aimé à l’école. De là naissent de nombreuses tensions familiales. Face à l’enfant qui tente de se conformer au moule, le parent risque de se retrouver dans l’une ou l’autre de ces situations: ou bien il devra livrer une bataille continuelle pour préserver le standard établi à la maison… ou bien il lâchera prise dans un effort de préservation de la relation, laissant l’enfant être modelé par les standards douteux qui prévalent à l’école.

La sexualité précoce, quant à elle, est en partie nourrie par cette hypersexualisation. L’attitude et le style vestimentaire des jeune filles étant fortement influencés par une culture de plus en plus pornographique, le message non-verbal qui est communiqué constamment est celui de la femme-objet, dont le corps peut être utilisé et exploité. La jeune fille se place alors en position de vulnérabilité tandis que le jeune homme n’apprends pas à devenir un gentleman mais plutôt un avide consommateur du sexe opposé. Bien sûr, garder nos enfants à la maison n’offre pas une immunisation absolue contre ces tristes réalités. Mais il va de soi qu’en baignant davantage dans le milieu familial que scolaire, l’enfant est moins porté à calquer les comportements et attitudes de ses pairs à ce niveau.

L’usage de drogues, alcool et autres substances prohibées ou nocives: Puisque la consommation de drogue et d’alcool est beaucoup plus précoce aujourd’hui que dans le passé, la cour d’école est naturellement un milieu de choix pour l’usage et le trafic de telles substances. De par sa simple présence en milieu scolaire, l’enfant est davantage exposé à la circulation de substances telles que le cannabis, les champignons magiques, l’ecstasy, la cocaïne, les stimulants et les méthamphétamine. Certains jeunes développent même leur propre petite entreprise lucrative de stupéfiants.

Quoique de nombreux programmes de lutte et de sensibilisation aux drogues soient mis en place et apportent parfois des résultats probants, la vigilance et la supervision des parents demeure la meilleure arme contre ce type de fléau et l’école-maison offre donc le contexte idéal pour exercer ce rôle protecteur.

Objection 2: S’il est vrai que de tels phénomènes existent dans les écoles, l’enfant devra néanmoins apprendre tôt ou tard à affronter la vraie vie. L’isoler de ces réalités ne lui rend donc pas service.

Justement, l’école n’est pas un reflet de la “vraie vie”. À titre d’exemple, à quand remonte la dernière fois où, en tant qu’adulte, vous avez eu droit à une jambette alors que vous marchiez tout bonnement sur le trottoir? Cela ne vous est probablement jamais arrivé car ce n’est pas de cette façon que les adultes se comportent généralement. À l’école, par contre, ce genre d’humiliation est monnaie courante.

Les adultes ne sont évidemment pas exempts de violence et d’actes criminels. Mais ils sont beaucoup mieux outillés et disposent d’un plus large éventail d’options que les enfants lorsqu’ils y font face. L’enfant qui est victime d’intimidation est quant à lui souvent impuissant face à sa situation et doit prendre la direction de l’école à chaque matin, sachant que ses bourreaux l’y attendent. Cette exposition forcée à la violence génère de l’angoisse, parfois même de la terreur et du désespoir.

En résumé, l’école-maison permet à l’enfant de grandir et s’épanouir à l’écart d’un milieu scolaire qui n’est pas nécessairement représentatif de la vie adulte. Il peut ainsi se former une saine identité et développer de l’assurance plutôt que d’avoir recours à des mécanismes de survie et de voir ses performances scolaires être compromises par un stress social inutile.

* Portrait de la violence dans les établissements d’enseignement au Québec

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