Par Louise Frazer

Les familles faisant l’école-maison trouvent que certaines commissions scolaires sont plus faciles à aborder que d’autres. La commission scolaire Western Québec a la réputation d’être particulièrement difficile. Les parents qui sont sur son territoire ont souvent reçu des visites de représentants de la DPJ tout simplement parce qu’ils ont refusé de signer le contrat qu’elle leur proposait, ou pour ne pas avoir soumis un plan d’éducation adéquat, selon l’avis de l’administration de la commission scolaire.

Anna a cinq enfants qui sont éduqués à la maison sur le territoire de la CSWQ. Elle a retiré son enfant le plus âgé de l’école il y a cinq ans. Elle avait abordé la question avec un administrateur de la commission scolaire et après deux minutes de conversation elle avait été menacée de se faire envoyer la DPJ. Elle avait déjà entendu dire que la commission scolaire traitait durement les familles faisant l’école-maison, et elle a découvert que ces histoires étaient fondées.

Récemment, Anna a reçu des nouvelles de la CSWQ annoncant une nouvelle proposition de politique pour l’école-maison. Elle se trouvait à ce moment-là avec un groupe de parents faisant l’école-maison et ils étaitent tous sous le choc alors qu’ils lisaient ensemble le courriel. Ils se sentaient tous désorientés quant à la manière de réagir. Anna dit qu’elle est heureuse qu’une des mamans sur le territoire de la CSWQ, Tammy, soit passée à l’action en contactant la HSLDA. D’autres membres ont aussi fait de même après avoir reçu le message.

L’équipe de conseillers légaux de la HSLDA ont planifié leur stratégie et ont conseillé aux parents de contacter leur commissaire afin de lui expliquer ce qu’est l’école-maison et attirer son attention sur la manière dont la commission scolaire traite les familles faisant l’école-maison. Les commissaires sont des élus à la commission scolaire et sont donc redevables à la population qu’ils servent. Ce sont eux qui approuvent les nouvelles politiques.

Les commissaires étaient déroutés et surpris par le nombre de courriels, d’appels et de lettres reçues de la part des parents. Plusieurs étaient envoyés de façon anonyme par des familles non-inscrites à la commission scolaire craignant des représailles de la part de cette dernière. La grande majorité des familles faisant l’école-maison sur le territoire de la CSWQ n’y sont pas inscrites parce que l’atmosphère de peur qui y règne les pousse à se tenir éloignées de ce qu’ils appellent le harcèlement et la discrimination. Ils ont raconté comment ils sont éprouvés dans leur école-maison par une administration au bras de fer.

La prochaine étape consistait à mobiliser les parents pour qu’ils assistent au conseil des commissaires afin que ceux-ci soient en mesure d’associer des visages aux appels et aux courriels reçus. Les parents courageux, accompagnés de la représentante de la HSLDA, Louise Frazer, se sont adressés au conseil afin de les alerter publiquement des dangers de mettre de l’avant la politique sur l’école-maison sans consulter les principaux concernés.

Bien qu’ils n’aient reçu ni réponse ni promesse à cet effet, les parents ont repris espoir lors de cette rencontre et ceux qui ne se s’étaient jamais rencontrés auparavant ont pu connecter et se fortifier mutuellement. Suite à la rencontre du conseil, deux des commissaires ont demandé à rencontrer de manière informelle des familles inscrites à la commission scolaire afin d’entendre leurs histoires. Non seulement celles-ci ont pu partager leur histoire, mais elles ont aussi offert des pistes de solution aux problèmes existants. Anna en faisait partie. Elle croit fermement que le responsables aux commissions scolaires ainsi que les administrateurs ont besoin d’être informés concernant l’école-maison. Elle compare un superviseur d’école-maison non-informé et qui n’est pas en faveur de l’école-maison à une infirmière qui n’est pas en faveur de l’allaitement mais qui doit aider et enseigner une nouvelle maman à allaiter son bébé.

Si l’éducation et la communication sont des ingrédients nécessaires au succès d’une politique, il y a définitivement de l’espoir. Plusieurs des parents inscrits sont disposés à s’asseoir et discuter de l’école-maison avec les autorités de la commission scolaire. L’un des commissaires a demandé que le président et conseiller légal principal de la HSLDA, Paul Faris, le contacte. Après une longue heure de conversation, le commissionnaire a demandé que la HSLDA soumette son apport à l’ébauche de la politique. Cela a été fait, en plus de planifier une rencontre avec eux à l’automne.

Toutes ces étapes ont encouragé et renforcé la position des parents, incluant Anna. Avec deux autres mamans, elle a accepté d’accorder une entrevue au journal local afin d’expliquer une fois de plus ce que les familles faisant l’école-maison ont subi. Dans cette démarche, Anna a du révéler qu’elle enseignait à la maison à plus d’enfants qu’elle n’en avait d’inscrits avec la commission scolaire. Elle croit que la démarche en valait la peine malgré le risque de se faire harceler par la CSWQ . Elle dit aussi que les familles faisant l’école-maison dans sa région « sont passées d’un groupe subversif, à une voix…». Elle ajoute que « plus les voix se font entendre, le mieux ce sera », et que « la HSLDA doit être ce point de rencontre… un plateau pour raconter les histoires ». Les parents attendent avec impatience de voir ce qui se passera par la suite, et la HSLDA continuera à travailler de près avec les membres cette région et racontera leurs histoires.

**Note de l’éditeur : Comme vous le voyez dans cette mise à jour, les représentants de la HSLDA, comme Louise Frazer, auteure de cet article, sont à votre service afin de défendre, d’encourager et d’équiper nos membres. Votre adhésion à la HSLDA nous permet d’aider des familles comme la vôtre, faisant l’école-maison à travers le Canada, à jouir des mêmes libertés et droits que vous dans leur école-maison. Merci de votre soutien continu envers la communauté de l’école-maison! Les communautés comme celles de l’Ouest du Québec sont une inspiration pour nous tous! Si vous n’êtes pas encore membre et que vous aimeriez joindre votre voix et votre soutien aux familles comme celles de cette région, inscrivez-vous dès aujourd’hui!