Par Louise Frazer

Garder des traces du travail d’un enfant est une preuve importante que les parents qui éduquent leurs enfants à domicile font bien leurs devoirs et puisque nous recevons beaucoup de questions au sujet des portfolios, nous avons pensé qu’une série portant sur le sujet pourrait être utile pour plusieurs à l’approche de cette nouvelle année scolaire. Or, vous savez sans doute que l’équipe de la HSLDA est constituée de parents qui font eux-mêmes l’école-maison ou qui l’ont fait dans la passé. Nous avons ainsi à composer avec les mêmes défis et difficultés que nos membres. Il nous a donc paru naturel qu’en élaborant la série, une des membres de notre équipe (nous ne dirons pas laquelle) se porte volontaire pour tester certaines de nos instructions.

Il s’agissait au départ qu’elle rassemble le travail de son enfant afin de constituer un portfolio présentable. L’idée semblait toute simple…et elle aurait pu l’être, n’eût été d’un léger…disons…retard organisationnel.

Pour les besoins de la démonstration, elle a pris tout le travail qu’un de ses enfants avait réalisé l’an passé mais qui n’avait pas tout-à-fait abouti à un portfolio. Bon, en réalité – puisque nous privilégions ici la transparence – disons que le travail accumulé était très loin du portfolio. Oh! tous les travaux étaient certes bien gardés! Mais disons qu’il y avait un léger manque de forme et d’organisation. Ce manque s’étendait d’ailleurs au département de l’organisation tout entier. (En fait, il s’est avéré que différents travaux se trouvaient dans différentes boîtes dans différentes pièces. Notre maman n’a aucune idée de la façon dont cela a pu se produire.)

Déterminée à prendre le contrôle de ce portfolio, elle s’est lancée dans une recherche effrénée afin de mettre la main sur tous les travaux manquants. Ce fut un peu plus long que prévu. Non…ce fut en fait beaucoup plus long que prévu. Elle a consacré au moins une heure à se hisser dans le grenier ainsi qu’à farfouiller sous le lit et dans le placard afin de trouver les bonnes boîtes. Puis elle a pris 45 minutes afin de dénicher sur trois clés USB différentes des photos convenables provenant de l’année scolaire recherchée, puis au moins 30 minutes pour les organiser dans un dossier afin qu’elles soient prêtes à être insérées dans les sections appropriées du portfolio. Les photos numériques lui ont sauvé la vie grâce à leurs dates intégrées.

Une fois cela fait, elle croyait être prête à débuter l’assemblage du portfolio, jusqu’à ce qu’elle réalise qu’elle avait égaré le cartable, les feuilles de protection plastifiées et les séparateurs qu’elle avait achetés spécialement dans ce but. Après être passée péniblement à travers différentes boîtes, elle a finalement trouvé le matériel manquant.

Vous pensez peut-être qu’à partir du moment où toutes les bonnes boîtes et tout le matériel furent localisés, le reste du travail allait être un jeu d’enfant. Malheureusement non. Il s’avère que notre pauvre maman cobaye n’avait pas pensé à séparer systématiquement le travail de chaque enfant dans des boîtes distinctes au moment de les entreposer. Déterminer quel travail appartenait à quel enfant semblait aller de soi à l’époque. Mais après seulement un an, trouver qui avait fait quoi devenait une autre longue tâche qui exigeait une certaine dose de travail de détective afin de s’assurer que les bons échantillons étaient assignés au bon enfant.

Aucunement découragée malgré le fait qu’elle se trouvait maintenant embourbée dans un chantier de boîtes, de livres et de papiers, elle a plongé bravement dans tout ce matériel. Mais encore une fois, elle rencontra un imprévu. N’ayant pas indiqué de date sur les travaux de ses enfants, elle dû consulter le plan scolaire de cette année afin se savoir dans quel ordre les travaux avaient été faits, question de pouvoir placer les échantillons dans l’ordre chronologique. Une autre perte de temps qui aurait pu être évitée.

Hélas, même si elle avait soigneusement placé les papiers et les livres dans des boîtes rigides (enfin, c’est ce qu’elle dit), ce ne fut pas suffisant pour empêcher certains documents d’être légèrement endommagés au fil des mois. Puisqu’elle n’avait pas utilisé la méthode infaillible consistant à garder les papiers dans des pochettes de plastique placées dans un cartable, certains de ces papiers étaient légèrement froissés, d’autres étaient déchirés et d’autres encore semblait avoir été endommagé par de l’eau, rendant certains documents inutilisables pour le portfolio. En dépit de ce revers et après avoir passé au peigne fin d’autres piles de papiers, elle fut en mesure de choisir un bon nombre d’échantillons provenant de différents projets.

Faire la liste des différentes ressources utilisées au cours de l’année s’avéra être un autre défi de taille. Les livres qui n’avaient pas été empruntés à la bibliothèque reposaient dans des boîtes, n’attendant que d’être consignés. Par contre, du fait qu’elle n’avait pas pris en note les livres de bibliothèque, les sites Internet et les films utilisés au cours de l’année, elle ne pu mettre par écrit que ce dont elle pouvait se souvenir avec certitude, avec pour résultat une liste moins complète que ce qu’elle aurait aimé obtenir.

Malgré ces divers contretemps (auto-infligés), notre maman termina ce week-end consacré au portfolio en étant plutôt satisfaite du résultat final. Grâce au portfolio complété, elle pouvait constater qu’en dépit des défis et des obstacles, son enfant apprenait! Elle se sentit également soulagée de pouvoir se réapproprier de l’espace qui était auparavant occupé par une mer de livres et de papiers.

Dernièrement, notre maman légèrement désorganisée a été aperçue en train de siroter une limonade tout en lisant un article perdu de vue depuis longtemps mais finalement retrouvé au fond de l’une de ses boîtes. Le titre de l’article? Elle est demeurée plutôt vague à ce sujet mais ça avait un certain lien avec l’organisation de la maison…

Si vous ne désirez pas reproduire ce genre d’expérience, la série d’articles à venir épargnera bien du temps et des problèmes à nos membres. Soyez donc à l’affût du premier article qui paraîtra au mois d’août sur le blog de la HSLDA!