Par Thamara Barthélemy.

Le Québec a la réputation d’être une province difficile au niveau de l’école-maison et cela suscite des questions de la part de ceux qui sont à l’extérieur de la province. « La situation est-elle vraiment si difficile? » demandent-ils. Saisissant l’occasion, n’importe qui d’entre nous pourrait se lancer dans le récit poignant des histoires survenues avec la DPJ et les commissions scolaires rigides. Nous prendrions peut-être plaisir à voir l’étonnement de notre auditoire alors que nous réalisons nous-mêmes que dans notre faiblesse nous avons trouvé de la force. Nous pourrions pratiquement inventer un nouveau collant pour notre voiture semblable à celui qui affiche « Cette voiture a grimpé le Mont Washington » et y inscrire: « Cette maman fait l’école-maison au Québec ». Bien que la plupart d’entre nous aurions peur de nous afficher ainsi.

Alors, la situation est-elle vraiment aussi difficile que ces histoires nous mènent à le croire? Oui…et non. Ces histoires poignantes sont réelles, mais ne se terminent pas ici. Certaines familles sont passées par des temps difficiles, subissant l’examen de la DPJ et la rigueur injustifiée de commissions scolaires difficiles. Ce sont certainement des situations difficiles à endurer, particulièrement lorsqu’elles s’ajoutent à un horaire chargé d’école-maison et aux innombrables tâches de l’entretien d’une maison. Cependant, pour les membres de la HSLDA, il est un peu moins déconcertant de faire face à ces situations puisque l’aide est disponible avec un simple coup de fil. Manon et Louise accompagnent des parents agités à travers le labyrinthe des directeurs d’école et des travailleurs sociaux et interviennent en leur nom lorsque cela s’avère nécessaire. L’un des rôles de la HSLDA est de rendre forts les parents par la connaissance de leurs droits et de leurs obligations, ainsi que de les équiper pour faire face à d’éventuelles oppositions. Un autre rôle est de faciliter la communication entre les parents-éducateurs, les écoles et les travailleurs sociaux. Mais cela fonctionne-t-il? La réponse est un « oui! » incontestable.

Par exemple, durant la dernière année scolaire, une famille faisant l’école-maison s’est faite harceler par le directeur de l’école de quartier. Au début, ils étaient perplexes et fatigués par la situation. Bien que cela n’ait pas été facile (il y a eu des larmes), ces parents se sont tenus debout pour défendre leurs convictions. Avec le coaching de la HSLDA, ils ont gagné de la confiance  et ont persévéré. Ce fut au tour du directeur d’être perplexe et fatigué lorsqu’est arrivé le printemps, et il a admis qu’il devait apporter des changements à ses politiques afin de les rendre plus claires et faciles à appliquer avec les parents-éducateurs. Il a appris plus rapidement que d’autres. Dans une autre partie de la province, une commission scolaire reconnue comme étant très difficile – ayant terrorisé de nombreuses familles de l’école-maison pendant plus d’une décennie – a changé ses politiques pour devenir plus raisonnable et plus accommodante lors des évaluations de fin d’année.

Un autre développement intéressant et qui a encore une plus grande portée est la négociation entre le MEESR (ministère de l’Éducation) et la HSLDA. Puisque le mouvement d’école-maison grandit rapidement en nombre et en momentum, le Ministère réalise que les parents-éducateurs sont une force dont il faut tenir compte. Après une discussion franche, le ministère et la HSLDA ont été en mesure de se mettre d’accord sur plusieurs éléments clés.

Ce succès serait impossible sans les familles dévouées et déterminées que nous servons. Grâce à ces familles, le paysage de l’école-maison au Québec est loin d’être morne. Il ressemble davantage à un paysage de campagne juste avant l’aurore. Il n’est pas possible d’en voir l’image complète pour le moment, mais la silhouette des arbres et des collines éclairées par un horizon rosé et doré sont la promesse d’un nouveau jour magnifique.