Par Louise Frazer

L’un des avantages de l’école-maison est la diversité: dans les familles, le curriculum, les méthodes d’évaluation, etc. Il existe même une certaine diversité à travers le Canada. Nous avons le privilège de jouir d’une grande liberté. Cependant, la liberté ne signifie pas que tout est permis. Mais alors comment distinguer entre ce qui est permis et ce qui ne l’est pas? Voici quelques lignes directrices pour vous guider.

Le choix de l’école-maison est un droit et un privilège dont jouissent les parents à travers le Canada, pour le bénéfice de leurs propres enfants. Les parents doivent prendre la responsabilité de l’éducation de leurs enfants. Les coopératives et les groupes de soutien, bien qu’ils soient utiles à l’enrichissement du programme éducatif de l’enfant, ainsi qu’à offrir un contexte social bénéfique tant pour le parent que pour les enfants, ne peut remplacer l’enseignement à la maison. De façon générale, aucun enfant ne devrait participer à un tel groupe, durant les heures d’école, plus d’une journée et demi par semaine. Nous devrons apporter plus de précisions sur ce point pour le Québec, qui doit user d’une grande prudence face à tout ce qui pourrait s’apparenter à une « école illégale ».

Un grand nombre de programmes éducatifs sont disponibles à travers le Canada. Nos membres utilisent une variété de méthodes et de matérial allant du « unschooling » à l’utilisation de manuels classiques. Les parents ont la liberté de choisir un programme qui s’adapte aux besoins de leur famille, en autant que les progrès des enfants soient évidents. Ceci étant dit, l’évaluation doit tenir compte du programme choisi, et c’est pourquoi la HSLDA s’oppose fermement aux évaluations effectuées par le moyen d’examens à l’école. De tels examens sont appropriés pour évaluer les programmes enseignés à l’école, et les élèves de l’école sont préparés en conséquence. Puisque l’école-maison permet une liberté dans le choix du curriculum, l’évaluation doit s’adapter à cette diversité. Par exemple, l’évaluation pourraient se faire par le biais de tests normalisés ou de portfolio. L’évaluation continue des progrès devrait primer.

Québec

Durant les derniers mois, la HSLDA était à Québec afin de négocier avec le Ministère de l’Éducation au nom de ses nombreuses familles membres. Il est donc primordial que les familles du Québec adoptent une conduite professionnelle puisque le Ministère les a à l’oeil. Il est impératif que les familles se tiennent au courant de leurs droits et obligations, afin de pouvoir interagir avec calme et confiance lorsqu’ils échangent avec les administrateurs scolaires ou la protection de la jeunesse.

Tout comme le reste du Canada, les familles québécoises jouissent d’une grande liberté dans le choix de leurs programmes et par conséquent, dans le choix des moyens d’évaluation. Le Ministère reconnaît que l’école-maison fonctionne différemment des institutions. Malheureusement, les commissions scolaires n’ont pas toujours cette même conscience et ainsi remettent souvent en question le choix des parents quant à l’approche et au curriculum choisis. En réponse à cela, nos membres maintiennent leur position et le résultat est que nous voyons des progrès dans l’ouverture de plusieurs commissions scolaires. Lorsqu’il y a des difficultés d’apprentissage, il est important d’avoir un soutien professionnel, tel un éducateur spécialisé accrédité au Québec, qui pourra valider les raisons pour lesquelles les progrès peuvent êtres plus lents. Ce dernier pourra également guider le parent pour qu’il réponde mieux aux besoins de l’enfant.

Il est critique de souligner à nouveau que les parents du Québec doivent assurer eux-mêmes la majeure partie de l’éducation de leurs enfants. De façon générale, l’enseignement ne doit pas être délégué à un tiers. Cependant, la HSLDA prendra en considération les situations où une famille présente des besoins particuliers ou vit une situation difficile pendant un certain temps, et pourra les conseiller sur la manière de répondre à ce besoin, selon le cas. Néanmoins, les parents peuvent faire appel à un tuteur afin de les aider dans leur enseignement. Les amis, parents proches ou voisins peuvent être considérés comme tuteurs s’ils ont une expertise dans un domaine précis. Il est primordial de comprendre que ce principe ne doit pas être confondu avec « l’école-maison en groupe », où plusieurs familles se rencontrent pour passer ensemble la majorité des heures d’école. Une telle situation sera considérée comme une « école illégale » au Québec. Le Ministère, et fort probablement des voisins, surveillent des rassemblements s’apparentant à l’école et qui ont lieu ailleurs que dans les maison respectives. De tels rassemblements sont susceptibles de faire l’objet d’investigations.

Bien que les écoles « illégales » au Québec soient un sujet de préoccupation particulier, il est important également que les familles faisant l’école-maison dans les autres provinces ou territoires soient prudentes afin que leur enseignement à la maison ne vienne pas à ressembler à une école privée ou indépendante. Une fois de plus, il est essentiel que vous connaissiez les politiques qui règlementent l’école-maison dans votre province. La HSLDA est toujours disponible pour vous conseiller et vous diriger dans votre compréhension et mise en application de la loi.

Ce article a pour objectif de souligner les grandes lignes du sujet et n’est pas exhaustif. Si vous avez des questions concernant les curriculums, les évaluations ou tout autre sujet concernant l’école-maison, veuillez contacter la HSLDA. C’est toujours un plaisir pour nous de pouvoir parler avec nos membres.