L’école-maison et le choix d’une carrière

Quand je serai grand

par Jean jr. Landry

(Lecture de 4 minutes)

À l’automne 2018, nous avions lancé un concours d’écriture dont le thème était « Le métier que je rêve d’occuper plus tard ». Le texte suivant avait été soumis par un des participants, Timothée Lauzon, alors âgé de 9 ans :

« Moi, pour mon travail, ce qui m’intéresse le plus, c’est de de faire quelque chose où je peux utiliser ma créativité. Présentement, ce que j’ai envie de faire quand je serai plus grand, c’est d’être patron d’une compagnie de jeux vidéos parce que je trouve qu’il n’y a pas beaucoup de jeux vidéos bien : sans magie, ésotérisme, violence gratuite ou autres choses du genre qui n’honorent pas Dieu. J’aimerais créer l’idée de départ et avoir une équipe sous ma supervision qui s’occuperait des dessins, de la programmation, de faire les consoles et les cassettes. Mais avant je voulais être rénovateur. Donc, je pourrais encore changer d’idée. » 

Il n’est pas rare de voir des élèves de l’école-maison qui, à l’image de Timothée, sont conscients de leurs forces et intérêts dès leur jeune âge et en qui se forme déjà l’ébauche d’une future carrière. Alors que beaucoup de gens entretiennent l’idée que l’école-maison handicape les chances de réussite de l’enfant, il s’avère qu’au contraire, l’école-maison prépare particulièrement bien nos jeunes à intégrer le monde des adultes et le marché du travail.

Le choix d’un métier est le résultat naturel de l’apprentissage

Lorsqu’un parent éducateur entreprend la grande aventure de l’école-maison, il lui faut peu de temps pour remarquer chez son enfants un intérêt marqué pour tel ou tel domaine d’apprentissage. L’école-maison lui donne alors la possibilité d’ajuster l’horaire et le curriculum afin de miser sur les forces de son élève. Sans perdre de vue les divers objectifs visés par le ministère, il peut adapter l’école à l’enfant afin de lui accorder davantage de temps pour explorer et approfondir ce qui le passionne.

C’est au cours de cette exploration que l’enfant apprend à se connaître et à identifier ses forces. Et par le fait même, divers métiers potentiels commencent à poindre à l’horizon. Des métiers où il pourra mettre à profit ses divers talents, ce qui lui permettra non seulement de contribuer significativement à la société mais de s’épanouir personnellement.

Au cours de cette exploration, l’enfant bénéficie d’un environnement où il échappe aux influences et pressions sociales qui pourraient le forcer à faire fi de ses propres aptitudes et intérêts. Si par exemple l’élève a un goût marqué pour le monde de la politique, l’école-maison lui offrira l’espace et le temps nécessaires pour explorer cet univers. Il pourra se plonger dans des livres sur le sujet ou en discuter longuement avec ses parents. Il n’aura pas à craindre d’être étiqueté de “nerd”, de “weirdo” ou de tout autre qualificatif qui, à l’école, lui donnerait l’impression que ce qui le passionne est ridicule. Et notre société a désespérément besoin d’une jeune génération qui reconnaîtra et exploitera l’immense variété de ses talents naturels afin de pourvoir aux besoins criants du marché du travail.

Être rappeur ou créer une chaîne Youtube virale font certes partie des nombreuses possibilités de carrière mais tous ne peuvent se lancer dans ces domaines qui, à l’école, leur assureraient d’avoir l’air cool. Il faut également des jeunes qui s’intéresseront à des domaines aussi variés que le commerce, l’administration, la justice, l’hôtellerie, la construction, etc. Et l’école-maison offre l’environnement d’apprentissage idéal pour explorer ces divers horizons.

L’approche du système scolaire

Bien entendu, le système scolaire tente également à sa façon de préparer les jeunes à leur future carrière. Après tout, c’est d’abord pour cette raison que le gouvernement offre l’éducation gratuite. Toutefois, un problème se pose : le système scolaire offre un modèle pédagogique uniforme et rigide auquel tous les élèves doivent s’adapter afin d’atteindre les objectifs gouvernementaux. Le processus d’exploration personnelle décrit plus haut est donc en grande partie saboté par la structure-même du système éducatif.

Ainsi, il est possible que la curiosité du jeune Mathieu soit éveillée, par exemple, lors d’un cours de géographie. Mais  juste au moment où il commence à feuilleter avec intérêt son Atlas du Canada, la cloche sonne. Les élèves se ruent vers la porte, l’enseignant ferme ses livres et il est temps de se préparer à la leçon d’anglais. Mathieu doit suivre la cadence, se conformer au programme établi et remettre à plus tard cette exploration personnelle qui aurait pu lui permette d’identifier ses intérêts personnels.

Le système scolaire tente de pallier à cette lacune en offrant un cours d’éducation au choix de carrière. L’effort est louable mais donne lieu à une approche artificielle qui tente de réduire cette dimension vitale de l’éducation à quelques heures annuelles de théorie en classe. Or, combien d’élèves parviennent au bout de leur cheminement scolaire en étant totalement confus malgré ce cours? Il suffit de considérer les statistiques pour s’en convaincre : sur l’ensemble des élèves qui entreprennent des études collégiales, 1 élève sur 3 change de programme en cours de route. Et cela est tout à fait normal car ces élèves n’apprennent à se connaître qu’au moment d’atteindre l’âge adulte alors que l’école-maison leur aurait permis d’entreprendre cette exploration dès les premières années de l’école primaire!

Si vous craignez parfois, en tant que parent éducateur, que votre choix de faire l’école- maison puisse compromettre les chances de succès de votre enfant, rappelez-vous donc ce qui précède. Observez les talents naturels de l’enfant et investissez-y vos efforts. Ainsi, non seulement le futur de votre enfant ne sera pas du tout hypothéqué par votre choix éducatif, mais il sera au contraire des plus brillants et prometteurs!

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