Par Jean jr. Landry

Mardi le 13 septembre dernier, Manon Fortin, assistante juridique pour la HSLDA, s’est rendue aux bureaux du ministère de l’Éducation à Montréal afin d’y rencontrer le ministre Sébastien Proulx.  Bien que la HSLDA n’en était pas à sa première rencontre avec le gouvernement, l’opportunité d’avoir un entretien avec le ministre en personne était une première.  Monsieur Proulx désirait discuter de vive voix avec les représentants de différents regroupements de parents et d’associations d’école-maison afin de pouvoir se faire une idée juste de la situation et des problèmes rencontrés sur le terrain.  La présence de la HSLDA mardi dernier était particulièrement importante pour le ministre étant donné que l’association est un acteur majeur dans ce dossier et qu’elle est familière avec ses aspects légaux.

Le bilan général de la rencontre a été positif, le ministre s’étant montré favorable à l’éducation à domicile.  « Pour le ministre, confirme Manon Fortin, il est clair que l’école-maison est un droit. »  De plus, les propos du ministre Proulx ont démontré qu’il savait faire la distinction entre l’école-maison et les écoles clandestines qui ne respectent pas les lois et font la manchette.  Ce point est rassurant puisqu’il indique que le gouvernement actuel ne s’apprête pas à se lancer dans une chasse aux sorcières contre tous ceux qui choisissent des voies alternatives pour l’éducation de leurs enfants.  Le ministre cherche plutôt à bien comprendre le portrait global de la situation, son objectif premier étant de s’assurer que tous les enfants reçoivent une éducation adéquate, tout en respectant les droits de ceux qui veulent y parvenir en empruntant des chemins différents.

La représentante de la HSLDA a profité de cette discussion pour bien établir la distinction qui doit être faite entre l’école-maison (où la maison est un lieu d’apprentissage unique et adapté à l’enfant) et l’école à la maison (où l’enseignement prodigué dans les écoles publiques ou privées est tout simplement reproduit à la maison).  « Comprendre cela constitue la clé, explique Madame Fortin.  Cette distinction aide le Ministre à comprendre le problème des commissions scolaires qui veulent imposer aux parents l’école à la maison, ce qui explique ensuite pourquoi les familles ne se déclarent pas. »

Si les commissions scolaires parviennent à faire cette distinction et à comprendre que les parents ne veulent pas simplement faire l’école à la maison, « elles seront plus ouvertes et agiront selon la réalité de ce que vivent ces familles », estime madame Fortin. « Les familles seront donc moins réticentes à être connues des autorités.  Et par le fait-même, les commissions scolaires seront en mesure de mieux savoir où se trouvent les enfants qui font l’école-maison. »

Mais en ce moment, la partie est loin d’être gagnée à cet égard.  Quoique les commissions scolaires disposent d’un document d’orientation émis par le gouvernement qui les invite à faire preuve de souplesse face aux familles qui font l’école-maison, elles tendent néanmoins à développer des politiques internes rigides incompatibles avec cette voie éducative.  Elles exigent souvent que les parents adoptent les programmes approuvés par le Ministère et que les enfants soient soumis aux examens qui s’y rapportent.  Or, les parents ne peuvent prendre un tel engagement alors que la loi leur exige seulement de prodiguer un enseignement équivalent à celui qui est dispensé à l’école.  Ces dispositions légales leur offrent une grande latitude dont ils veulent pouvoir jouir pleinement, alors que les commissions scolaires ne sont souvent pas disposées à leur accorder la même latitude.

Le ministre Proulx s’est montré conscient de ce problème et des tensions qui en résultent.  Il sait que plusieurs parents vivent des relations difficiles avec leur commission scolaire et qu’une telle situation mine la confiance et dissuade davantage les parents de se déclarer.  Pour le Ministre, qui considère essentiel de savoir où sont les enfants éduqués à la maison, il s’agit donc d’un problème réel qui doit être réglé.

Pour l’instant, le ministre en est au début du processus d’analyse et aucune solution n’a donc encore été mise de l’avant.  Face aux parents qui réclament le respect de leurs droits légaux et aux commissions scolaires qui demandent des directives plus claires, le gouvernement réécrira-t-il la politique destinée aux commissions scolaires?  Ou apportera-t-il simplement des clarifications pour assurer une meilleure homogénéité chez les commissions scolaires et des rapports plus harmonieux avec les parents?

Afin d’alimenter sa réflexion, le ministre a invité Madame Fortin à lui faire part de ses suggestions et recommandations.  La HSLDA est donc bien positionnée pour suivre l’évolution du dossier et exercer son influence dans la prise de décision du gouvernement.  L’ouverture d’esprit du ministère de l’Éducation est de bonne augure pour la communauté d’école-maison du Québec.  Elle permet de croire que le gouvernement actuel est résolu à prendre les choses en main tout en tenant compte des besoins et préoccupations des parents.  La HSLDA demeure donc à l’affût afin de bien vous représenter à ce chapitre.